Nombre d’ophtalmologues en France : pourquoi la spécialité reste-t-elle sous tension ?
Le nombre d’ophtalmologues progresse en France. Cette hausse ne supprime cependant pas toutes les tensions d’accès aux soins. Pour un projet d’emploi ophtalmologue, il est important de comprendre cette évolution, car elle permet d’identifier les territoires qui recrutent. Les données récentes montrent surtout un contraste entre progression nationale et fortes disparités locales.
Sommaire
Pourquoi parle-t-on de pénurie d'ophtalmologues malgré ces effectifs ?
Comment l'organisation des soins évolue-t-elle face aux tensions ?
L'expérience de La Solution Médicale sur le recrutement des ophtalmologues
Combien y a-t-il d’ophtalmologues en France ?
Le nombre d’ophtalmologues dépend tout d’abord du périmètre statistique retenu. L’Atlas 2026 de l’Ordre recense 4 795 praticiens, selon Les Cahiers d’Ophtalmologie. La Revue des Opticiens affiche aussi le même chiffre. La DREES travaille d’ailleurs sur un périmètre plus large des médecins exerçant au moins une activité en France. Elle enregistre une hausse annuelle de 138 ophtalmologistes. Cette progression atteint les 2,3 %.
Les derniers chiffres disponibles
Comment les effectifs ont-ils évolué ?
La tendance récente est favorable. Les données DREES montrent en effet 138 praticiens supplémentaires entre 2025 et 2026. Depuis 2023, la progression atteint 370 ophtalmologistes, soit 6,4 %, selon la même analyse des données DREES. L’Atlas de l’Ordre confirme également cette reprise. Les Cahiers comptaient 4 691 praticiens en 2024, contre 4 795 en 2026. La démographie ophtalmologues entre donc dans une phase plus dynamique. À noter que cette évolution succède à plusieurs années de fortes tensions.
Pourquoi parle-t-on de pénurie d'ophtalmologues malgré ces effectifs ?
Une pénurie ophtalmologue ne se mesure pas uniquement avec un total national. La localisation des médecins compte tout autant. Plus concrètement, l’expression « pénurie ophtalmologues » recouvre ainsi des réalités très différentes selon les départements. Les données territoriales de 2026 le montrent clairement.
Une répartition territoriale inégale
La question de savoir où exercer devient indispensable pour comprendre les tensions actuelles. En France, la densité moyenne tourne autour de six ophtalmologistes pour 100 000 habitants. Les écarts entre territoires restent toutefois considérables. Paris concentre ainsi une offre médicale très supérieure à la moyenne, tout comme les Alpes-Maritimes ou le Territoire de Belfort.
À l’inverse, des départements comme la Creuse, la Meuse ou la Haute-Saône disposent de moins de deux praticiens pour 100 000 habitants. Certains territoires ont également vu leur densité fortement reculer ces dernières années. Une moyenne nationale satisfaisante peut donc masquer des zones où l’offre médicale est particulièrement limitée.
Le renouvellement démographique de la profession
Le renouvellement s’améliore progressivement. Effectivement, la Revue des Opticiens recense 1 587 ophtalmologistes de moins de 40 ans en 2026. Ils représentent donc environ un tiers de l’effectif présenté par cette source. Ce rajeunissement constitue un signal favorable pour les prochaines années. Les classes d’âge de 55 à 69 ans sont toutefois encore très présentes. De nombreux départs doivent ainsi toujours être anticipés.
Des besoins en soins ophtalmologiques importants
Les besoins restent élevés. Le vieillissement augmente surtout la fréquence de certaines pathologies oculaires nécessitant un suivi spécialisé.
L’effectif ophtalmologues France doit donc toujours être rapproché des besoins réels de la population.
Quelles sont les conséquences du manque d’ophtalmologues ?
Des difficultés d’accès variables selon les territoires
Malheureusement, les patients ne rencontrent pas les mêmes difficultés selon leur lieu de résidence. Dans les départements faiblement dotés, certains doivent élargir fortement leur zone de recherche. Or, cette situation peut compliquer les suivis réguliers. Les structures implantées dans ces territoires rencontrent aussi des besoins de recrutement spécifiques. Leur attractivité devient alors un enjeu médical et organisationnel.
Des délais de rendez-vous parfois importants
Les délais de rendez-vous chez l’ophtalmologue sont élevés malgré la progression récente des effectifs. Le baromètre FHF-Ipsos BVA 2026 évoque environ deux mois et trois semaines d’attente moyenne pour prendre rendez-vous. Cette durée reste importante. L’ophtalmologie figure néanmoins parmi les rares spécialités où l’attente s’est légèrement améliorée depuis 2019.
Une pression sur l’organisation des structures
Les tensions obligent les cabinets et les différents centres à repenser leur fonctionnement. En fait, l’objectif consiste surtout à préserver le temps médical pour les actes nécessitant directement l’expertise de l’ophtalmologue. Dans ce contexte, les examens préparatoires peuvent être organisés avec d’autres professionnels compétents. Les tâches administratives peuvent également être mieux réparties. À noter que cette organisation influence directement le recrutement.
Comment l’organisation des soins évolue-t-elle face aux tensions ?
La coopération entre ophtalmologues et orthoptistes
Travailler avec un orthoptiste permet de répartir certaines étapes du parcours visuel selon les compétences de chacun. À ce propos, Thierry Bour estime que les coopérations entre ophtalmologues, orthoptistes et opticiens continueront à se développer. Certes, le travail aidé ne remplace pas le médecin. Néanmoins, il vise à mieux utiliser le temps médical disponible. Il peut notamment faciliter l’organisation des examens avant l’interprétation, le diagnostic ou la décision médicale.
Le développement de la téléophtalmologie
La Téléophtalmologie complète progressivement certaines organisations. Elle permet une intervention médicale à distance lorsque le contexte clinique l’autorise. Sachez que ces modalités peuvent apporter davantage de flexibilité aux praticiens. Elles peuvent aussi compléter l’offre disponible dans certains territoires. Elles ne remplacent cependant pas les consultations nécessitant un examen physique complet ou des actes techniques spécifiques.
L’évolution de l’organisation des cabinets
Les cabinets s’appuient davantage sur des équipes pluriprofessionnelles incluant orthoptistes, assistants et personnels administratifs. Ceux-ci peuvent donc contribuer à fluidifier le parcours des patients. Les organisations multisites se développent également. Acuité souligne toutefois que ces évolutions n’effacent pas encore toutes les difficultés d’accès. L’organisation devient ainsi presque aussi importante que le nombre d’ophtalmologues pour mesurer la capacité réelle de prise en charge.
Que signifie cette situation pour les ophtalmologues ?
Des besoins différents selon les territoires et les structures
Contrairement aux idées reçues, les opportunités professionnelles ne sont pas identiques partout. Effectivement, les zones faiblement dotées peuvent présenter des besoins particulièrement importants. Les grandes agglomérations, quant à elles, concentrent davantage de structures spécialisées. Le choix d’un poste doit ainsi prendre en compte le territoire, l’activité proposée, l’équipe disponible et les conditions d’exercice.
Des modes d’exercice variés
Le choix d’un ophtalmologue salarié ou libéral reste déterminant dans un projet professionnel. La Revue des Opticiens indique 56 % de praticiens libéraux, 20 % en exercice mixte et 24 % de salariés. Ces chiffres reprennent l’Atlas 2026. Quoi qu’il en soit, chaque statut présente une organisation différente.
Parmi les éléments qui peuvent orienter la décision, on compte l’autonomie, la sécurité, le rythme et le travail collectif. À noter d’ailleurs que les besoins actuels permettent également d’envisager plusieurs formes d’exercice au cours d’un même parcours professionnel.
Des opportunités qui évoluent au cours du parcours
Une carrière d’ophtalmologue peut évoluer entre salariat, activité mixte, exercice libéral et collaboration avec plusieurs structures. Les besoins territoriaux créent aussi des possibilités de mobilité. Certains postes permettent même d’intégrer une organisation déjà structurée avec des orthoptistes ou une équipe paramédicale. Dans tous les cas, la hausse récente du nombre d’ophtalmologues ne supprime donc pas les opportunités. Elle transforme plutôt les attentes des structures.
L’expérience de La Solution Médicale sur le recrutement des ophtalmologues
Ce que nous observons dans les recrutements
Chez La Solution Médicale, nous observons encore des besoins réguliers pour les ophtalmologues. Ils concernent des centres médicaux, des hôpitaux, des cabinets et des structures spécialisées répartis dans plusieurs territoires. Les recherches concernent également les différents rythmes et statuts. À ce propos, des postes existent en temps plein, en temps partiel, en salariat ou en libéral.
Notre expérience montre surtout que la localisation reste déterminante. Les besoins des établissements diffèrent d’ailleurs fortement selon leur bassin de soins. L’accompagnement aide alors à rapprocher le projet du praticien des besoins concrets de chaque structure.
Des offres partout en France
La Solution Médicale référence des offres d’ophtalmologie dans de nombreuses régions françaises. Voici justement les offres disponibles par ville :
Les organisations proposées sont également diverses. Certaines annonces mentionnent, par exemple, la présence d’équipes paramédicales et d’orthoptistes. À noter que cette diversité permet aux candidats de comparer les environnements professionnels avant de choisir leur prochaine installation.
Ce qu’il faut retenir
Le nombre d’ophtalmologues augmente ainsi de nouveau en France. Cette reprise constitue un signal favorable pour l’avenir de la filière visuelle. Les disparités territoriales restent cependant très importantes. Certains départements disposent en effet d’une densité largement supérieure à la moyenne nationale, tandis que d’autres territoires sont nettement sous-dotés.
Quoi qu’il en soit, les délais de rendez-vous confirment que les tensions n’ont donc pas totalement disparu. Le renouvellement générationnel progresse également. Les jeunes praticiens sont plus nombreux, même si de nombreux départs sont à anticiper. La réponse repose enfin sur plusieurs leviers, dont la coopération, le travail aidé et de nouvelles organisations. Ces éléments doivent accompagner la hausse des effectifs.



